Les banques américaines qu’on croyait le top des établissements financiers en matière d’efficacité, de contrôle et de rentabilité, se révèlent finalement aussi vulnérables, corrompues et faillibles que bien de leurs consœurs européennes.
A commencer par JP Morgan Chase, qui a finalement levé le voile sur la note à payer, après des déboires dans les positions hasardeuses qu’ont prises ses traders; rien que pour le deuxième trimestre: 4,4 milliards de dollars. Ses premières timides révélations tournaient autour de deux milliards. Et ce n’est pas tout, l’affaire est à suivre, les pertes aussi, qui pourraient venir grossir l’addition de presque deux milliards supplémentaires.
Même si JP Morgan engrange 5 milliards de dollars pour la même période et qu’elle assure avoir réglé cette affaire en «assainissant la division concernée de ses activités», elle se serait bien passée de cette publicité, d’autant que des suites pénales concernant sa succursale de Londres sont à attendre.
HSBC à présent, pour sa filiale américaine, qui se voit accusée de participation à des opérations de blanchiment d’argent et encore, liées à des activités de trafic de drogue, de contournement d’embargo financier iranien, voire de financement de terrorisme, excusez du peu!
Le sénat américain accusait hier la banque de «graves carences dans le système anti blanchiment» et l’organisme de contrôle; l’OCC (Office of the Controller of Currencies) d’incapacité dans ses fonctions de surveillance et de régulation. Sans commentaire.
C’est dans le cadre de sa traque aux activités interdites, que le département d’état américain a épinglé les opérations des banques qui flirtent trop avec des pays hors la loi, tels que l’Iran.
Au tour de Goldman Sachs Group d’afficher la morosité de ses chiffres; baisse de 12% de son bénéfice du deuxième trimestre, et de se lancer à son tour dans une politique d’économies.
Il faut dire aussi que la mollesse des marchés n’a pas favorisé sa croissance, non plus que la baisse globale du volume des transactions.
A propos de la situation aux Etats Unis, l’intervention à la tribune du Sénat de M.Bernanke, n’a pas rasséréné les milieux financiers.
Il a constaté que la croissance du pays avait encore faibli au deuxième trimestre (1,9%), et que le secteur de l’emploi n’était pas encore sorti d’affaire (8,2% de chômage).
Constat également, que «la politique restrictive de crédit, tant aux entreprises qu’aux particuliers, entravait la reprise économique du pays, ainsi que les effets contraignants de la politique budgétaire et l’incertitude entourant les comptes publics».
Il a ainsi résumé les obstacles essentiels à la reprise; «le premier est la crise budgétaire et bancaire de la zone euro, le deuxième est la situation budgétaire aux Etats Unis».
Peut-être prêche-t-il dans le vide si tant est que depuis 2009 qu’il met en garde sur ce point, rien ou presque n’a été fait et que ce soit en matière d’équilibre budgétaire comme de la dette publique, la situation n’a pas évolué.
Quoiqu’il en soit il n’a pas annoncé la politique d’assouplissement monétaire que les agents financiers espéraient.
C’est dans cette atmosphère d’attente déçue que Paris a perdu 0,09% à 3.176,97 points, le Footsie britannique a baissé de 0,59%, l’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 aussi, de 0,21%, le Dax a reculé sensiblement (-0,02% à 6.565,19 points), à Madrid, l’indice Ibex accuse aussi une baisse de 0,02% (à 6.545 points).
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